Editor WoodBusinessPortal.com team - research, 4 juillet 2014
Un négociant en bois normand, Stéphane Ledentu, a lancé le projet Brazil Forest, pour préserver la forêt amazonienne, en créant lui-même des forêts d’eucalyptus surveillées par des drones au Brésil. Un projet écologique qui commence à intéresser les investisseurs. Il détient, actuellement, 13 fermes dans le sud du Brésil sur lesquelles il créé des nouvelles forêts en implantant des eucalyptus afin, assure-t-il, de réduire la pression sur “les autres forêts naturelles du monde” dont celle d’Amazonie.
Cet entrepreneur cherche alors à créer lui-même des forêts. Impossible ou presque en Europe où les terres arables commencent à manquer. Il s’est ensuite penché sur le cas africain, mais là encore, les difficultés administratives et législatives l’en dissuadent. Restait l’Amérique du Sud. “Le Brésil était le candidat idéal, car il a importé les dispositions du droit portugais”.
À partir de 2006, il développe avec Juliana Affonso, une spécialiste brésilienne de la filière bois, et Enrique Glovacki, un ingénieur agronome, son projet de “forêt raisonnée”. L’idée est de racheter des parcelles agricoles mises en vente et de les transformer les unes après les autres en autant de forêts permettant de combler les besoins locaux en bois et aussi pour en exporter.
Fin 2011, il a ajouté une dimension technologique à son entreprise : les drones. Il en a deux au Brésil, équipés de six moteurs chacun et avec une autonomie de huit minutes. C’est peu, mais suffisant. “Ils font en une minute le même travail de surveillance qu’un être humain en une journée”, assure Stéphane Ledentu. Ces drones lui permettent de contrôler rapidement la situation phytosanitaire de ses plants et de s’assurer que les arbres poussent correctement.
Tout est donc en place pour que ces terres se transforment à terme en forêts d’eucalyptus. Il a opté pour ces arbres car ce serait, d’après ce chef d’entreprise, “un bois d’avenir” utilisé dans les meubles chez Ikea & consorts. Mais aussi parce qu’ils arrivent à maturité en seulement 12 ans et peuvent être exploités dès quatre ans.
Il a déjà réussi à séduire plusieurs investisseurs. “Ce sont exclusivement des personnes privées”, assure-t-il. En clair, des grandes fortunes. Le billet d’entrée pour être actionnaire d’une parcelle est de 1,5 million d’euros. Sans donner les noms, Stéphane Ledentu précise qu’il y a des Allemands, des Suédois et d’autres personnes originaires de pays d’Europe du nord où l’écologie est fortement enracinée, mais “aussi des Français”.
Source: www.france24.com