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LIGNA 2015 (du 11 au 15 mai 2015): Les drones en mission forestière - la gestion durable par voie aérienne


Communiqué de presse

Hanovre. Cela fait déjà des dizaines d’années que la photographie aérienne est utilisée pour réaliser l’inventaire des peuplements forestiers, cartographier les dégâts consécutifs à une catastrophe ou accomplir bien d’autres missions encore. Aujourd’hui, il est possible de recourir à des avions miniatures sans pilote, les drones, pour capturer ces images. La mise en service très souple de ces appareils permet en effet de prévoir des interventions à court terme et d’obtenir ainsi rapidement les images voulues. Volant à basse altitude, ces petits aéronefs peuvent également opérer par temps très nuageux. Autre avantage : équipés de moteurs électriques économes en énergie et silencieux, ils respectent l’environnement tout en réduisant les nuisances sonores pour les habitants et les animaux. Pourvus d’une caméra haute résolution ou de capteurs, les drones constituent le maillon manquant entre l’inspection sur site, toujours fastidieuse, et la reconnaissance aérienne par avion ou hélicoptère piloté, toujours onéreuse. Leur succès croissant s’explique à la fois par la baisse du prix des solutions proposées par l’industrie et l’amélioration constante des performances de ces auxiliaires volants télécommandés.

Tout comme les hélicoptères, les multicoptères peuvent décoller et atterrir verticalement, mais ici, ils sont pilotés depuis le sol au moyen d’un ordinateur portable. Equipés d’un GPS, ils sont capables de maintenir automatiquement leur position et leur altitude, ou d’atteindre une position GPS donnée. Les modèles les plus récents ont une autonomie de vol allant jusqu’à une heure, selon le type de construction et le poids. La caméra peut tourner à 360 degrés. De plus, la suspension intelligente et le système de contrôle de vol assurent le maintien automatique de la position, même par vent fort, ainsi qu’une grande stabilité à la prise de vue. Les images numériques transmises en direct depuis le multicoptère sont géoréférençables, c’est-à-dire localisables avec précision grâce à des coordonnées géographiques connues. Ceci garantit le repérage précis des objets photographiés. Pas de problème non plus pour les modèles de surface 3D. Certains fabricants ont développé des lunettes vidéo permettant de « faire un tour dans les airs » : pendant que le drone survole un objet à vue ou par GPS, l’opérateur voit exactement l’image de la caméra, en direct et en temps réel, tout en ayant la possibilité de déterminer l’altitude, la perspective et le cadrage.

La mise en service de ces plateformes aériennes sans pilote permet de recenser et de surveiller les surfaces forestières exploitées, et ce, avec une précision sans précédent et dans un rayon d’action nettement élargi. Ses deux atouts : le vol à basse altitude et une relative indépendance vis-à-vis des conditions météorologiques. Le résultat des survols peut être directement pris en compte dans les plans d’exploitation.

L’un des champs d’application classiques des drones est la cartographie des forêts et des terres. Les images fournies peuvent être utilisées rapidement pour différentes analyses et applications, telles que le contrôle de l’état sanitaire des arbres et des plantes. Il peut s’agir de la détection précoce et de l’évaluation des attaques de parasites ou encore de la mesure du taux d’humidité ou du volume de bois mort. Les drones permettent par ailleurs de réaliser en quelques minutes des prises de vue très nettes de l’état des cimes des arbres – un type d’inspection considéré jusqu’alors comme long et contraignant. Ils sont aussi appelés à jouer un rôle essentiel dans d’autres missions, notamment dans l’analyse des dommages causés par l’eau, la neige, la grêle, la tempête ou le feu. Enfin, l’« oeil » de ces appareils est capable de localiser très vite la position et l’ampleur des dégâts imputables au gibier.

En combinant des clichés infrarouges et des photos NDVI (Normalized Difference Vegetation Index), on obtient des images permettant de mesurer la croissance des plantes, l’expansion de la végétation et la production de biomasse. Il suffit de saisir l’état d’exploitation des forêts pour pouvoir établir une planification détaillée du renouvellement forestier et déterminer le nombre, la densité et l’emplacement exacts des végétaux à planter. En revanche, dans les régions montagneuses, la mise en place de layons de débardage et de lignes de câblage pose souvent problème car, vu d’en bas, il est difficile de se rendre compte si un rocher, une saillie ou un arbre protégé se trouvent sur le tracé prévu. En fournissant instantanément un résultat clair, le drone facilite et accélère la décision. Par ailleurs, contrairement aux avionsphotographes classiques, qui ne peuvent prendre des clichés qu’à la verticale, il dispose d’une caméra capable de pivoter, donc de capturer l’image exacte de la pente. L’utilisation du multicoptère joue aussi un rôle grandissant dans l’observation des changements climatiques. En fournissant des photographies numériques parfaitement fiables, les milieux sylvicoles peuvent apporter ici une aide, voire une contribution majeure aux prises de décision politiques.

Selon une étude de mai 2013 du McKinsey Global Institute, l’utilisation du drone en tant qu’outil issu de la robotique impacte déjà plusieurs facteurs économiques clés, tels que le coût du travail, la productivité, la flexibilité et la sécurité. Et, de fait, l’efficacité, la rentabilité et la facilité de déploiement du multicopère laissent augurer un remarquable développement. Fonctionnant en mode tout électrique, donc silencieux et écologique, il constitue l’une de ces innovations qui répondent en tous points aux exigences imposées à la technologie actuelle. Ce thème sera précisément au coeur des présentations et démonstrations effectuées par le Conseil sylvicole KWF (Kuratorium für Waldarbeit und Forsttechnik e.V.) sur le terrain de plein air de la LIGNA 2015.



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